Julie est amoureuse

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Julie est amoureuse
  • 5/10
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  • Synopsis:

    Dans un petit village de Dordogne, une troupe de comédiens profite de l'été pour préparer une représentation de "Roméo et Juliette" de Shakespeare sous la direction du très respecté Bart. Mais Julie, sa compagne, ne se sent pas à la hauteur et préfère renoncer à interpréter Juliette...

    Acteurs:

    • : Julie
    • : Bart
    • : Emilie Monk
    • : Michaël Monk
    • : Christelle
    • : Claire
    • : Laetitia
    • : Daniel
    • : Yohann

    Dates:

    Date de sortie: 03/08/98

    Equipe du film:

    • : Vincent Dietschy
    • : Vincent Dietschy
    • : Stéphane Krausz
    • : François Guillaume
    • : Nicolas de Boiscuillé
    • : Pascaline Chavanne
    • : Tatjana Jankovic
    • : Eric Page
    • : Bénédicte Mellac
    • : Gwenaëlle Clauwaert
    • : Magouric Distribution

    Informations techniques:

    • Couleur
    • Long metrage
    • Français
    • France
    • 1998
  • Critiques:

    • Les Inrockuptibles

      Les Inrockuptibles

      " Vincent Dietschy a 49 ans. Il n’a fait que deux longs métrages (...). Juste deux longs métrages donc, mais un premier film, Julie est amoureuse, si riche qu’il en contient une dizaine d’autres. (...)

      C’est la drôlerie des acteurs qui frappe d’abord, avec en trio de tête François Chattot (grand corps d’échalas agité d’éclats), Anne Le Ny (corps érotiquement modiglianesque et malicieusement doté de joues rondes) et Simone Guertner (faconde furieuse). Charme et rapidité donc  ? Attention aux malentendus : le film n’a rien à voir avec un marivaudage de plus, une vigueur en fortifie les aimables arabesques.

      C’est le mélange de naturel et de relief stylisé qui frappe ensuite. Comment obtenir tant de vie dans le détail des scènes et tant de style dans l’ensemble ? Comment concilier le geste qui libère (la nature des acteurs) et celui qui retient (pour dessiner le trait général) ?

      Tout n’est que bonheur dans ce film, qui ne cesse, au fur et à mesure que les péripéties s’engendrent et fleurissent, comme innervées par une loi organique débridée, de déployer les mille et un plis du pari initial.

      Un temps, on a pu croire que le film n’était qu’un miracle. Ensuite, on comprend qu’il s’agit d’un véritable savoir de cinéma que détient Vincent Dietschy. Car ce bonheur qui irrigue les scènes n’est qu’un masque. Lequel  ? Celui de l’art, en toute simplicité, qui avance à pas furtifs.

      Le film atteint cette confusion merveilleuse à laquelle seul Renoir avait su parvenir : cet épanouissement à l’écran, est-ce celui du bonheur ou de l’art ? C’est donc un savoir ancien que possède Dietschy, mais qui rajeunit d’un coup, à la toute fin, sous les traits d’une jeune fille. Naissance d’une actrice, naissance d’un spectateur, fierté de l’existence du cinéma français."

      Axelle Ropert, Les Inrockuptibles
    • Libération

      Libération

      " Peut-on filmer de joie comme on dit bondir, frétiller, chanter, quand ce n'est pas carrément s'évanouir, de joie ? Pour Vincent Dietschy, ça ne fait pas un pli, on peut ! Enfin, disons, pour l'heure, que LUI peut, qu'il ne s'en prive d'ailleurs pas et le prouve dans un premier long métrage, Julie est amoureuse, comédie endiablée à dix-sept personnages, trois caniches, un château en Dordogne et mille embrouilles à la minute.

      Quelle raison à tant de bonne humeur, à contre-courant de l'époque, si notoirement emmerdante ? (...) une conviction, qui n'est en rien une insouciance mais un degré supérieur de lucidité: on nous a menti, la chair n'est pas triste, les livres n'ont pas été lus, tout reste à faire et le cinéma ne meurt pas. Cet optimisme, longuement mûri en bouche, procure au film son tonus étourdissant qui lui permet de tenir le rythme sur plus de deux heures de turpitudes frénétiques. Dans la cohue de violons Vivaldi en bande-son, le cinéaste, loustic dans son genre, a greffé le tube disco de Patrick Hernandez (la canne dance), Born to be Alive, à la fois programme et morale prosélyte de Julie. Faites passer ! (...)

      Vincent Dietschy aime à s'abîmer les yeux sur les motifs inépuisables de nos paradoxes. Ainsi le film n'est-il pas criblé pour rien de lapsus (un messager qui voulant sauver le couple Bart-Julie signe par erreur un billet doux de son propre nom), d'accidents (l'acteur vedette se casse une jambe) et de no comprendo successifs (que Simone, la cuisinière, exaspérée, finit par régler à coup de jambon fumé dans la figure)...

      Julie est amoureuse apparaît comme un film contestataire: les positions des uns et des autres, les alliances, les faveurs, nulle place n'est acquise, le monde du film, décentré, s'autorévolutionne en permanence, autour de Julie, qui se ne se voit pas trop en haut de l'affiche et finira par s'y hisser, la tête à l'envers.

      La verve des dialogues associée au burlesque des situations, la silhouette très graphique des acteurs (Anne Le Ny par exemple, tout droit sortie d'un cartoon années 30) conspirent à la définition d'un style Dietschy, sorte de furioso limpide, qui ne ressemble décidément pas à grand-chose de ce qui sort du chapeau de la production française. "

      Didier Péron, 9/12/1998, Libération
    • aden

      aden

      " Il y a ainsi, dans ce moderne marivaudage, une perpétuelle source de petites choses inattendues (en vrac : des caniches, un café infect, des yaourts comme cadeaux d'amour...) qui font dresser l'oreille et ouvrir l'oeil. Et vous rendent euphorique. "

      Philippe Piazzo, aden
    • Le Nouvel Observateur

      Le Nouvel Observateur

      " Chaque fois que l'on se dit que Vincent Dietschy tire quand même un peu trop fort sur la corde, que ses jeux de l'amour et du théâtre vont finir par sentir le réchauffé, une astuce de scénario, un gag, un regard recadrent le film. Les quiproquos sont enchaînés avec une tranquille assurance, une logique imperturbable, garanties que le réalisateur fait vraiment le film qu'il a envie de faire."

      Pascal Mérigeau, Le Nouvel Observateur
    • Chronic'Art

      Chronic'Art

      " On attend que les couples s'intervertissent, que des baisers s'échangent, que l'un profite de telle situation, il n'en est presque rien. Toute l'énergie est donnée à la répétition de la pièce, et cette énergie, c'est celle de l 'amateur, mélange d'innocence et d'intelligence du cœur (...)

      C'est par cet éloge de l'amateurisme, comme rapport au monde, que Dietschy rejoint un cinéaste comme Jean-Claude Biette, qui avait justement fait du théâtre amateur l'un des thèmes central de son cinéma. Dietschy aurait pu lui emprunter cette réplique du Champignon des Carpathes : « La vie est trop courte pour que nous soyons autre chose que des amateurs ».

      Comment donc filmer la moindre lutte avec si peu d'obstacle, avec la simplicité de cœur des uns, la persévérance dans le travail des autres ? C'est l'histoire de Julie est amoureuse, et l'art du paradoxe de Dietschy : filmer des gens au travail au cœur d'un film de vacances, des conflits sur arrière-fond de bonheur, comme on ferait s'entrechoquer des plumes.

      L'autre paradoxe, c'est la façon qu'à Dietschy de dilater la narration à l'intérieur d'une forme pleine, extrêmement maîtrisée. Tel un élastique, le film se distend, se ramifie d'autant plus qu'il est sûr de retrouver sa forme initiale  – c'est peut-être au fond simplement la loi du classicisme américain qui innerve Julie est amoureuse.

      On pense à Lubitsch comme à son élève Billy Wilder, et plus particulièrement au tardif Kiss me, stupid, à qui Dietschy emprunte à la minute près son ambitieuse durée  : 2h06. Cette influence n'est pas pour rien dans l'étrangeté du film : on a parfois l'impression d'avoir à faire à une traduction française du classicisme hollywoodien. Dans le passage de l'un à l'autre, un reste demeure indompté, intraduisible dans les termes du cinéma français, et laissé comme tel, à moitié traduit, à cheval entre deux langues, ce qui produit un exotisme de toutes les scènes.

      Modèle d'écriture, Julie est amoureuse allie parfaitement l'aventure sentimentale, le désir de l'intrigue et la clôture classique. Il faut ainsi penser à son titre, mystérieux, l'avoir en tête tout du long, tant ce mince et fluet « Julie est amoureuse » étonne au regard de la profusion d'intrigues et de personnages.

      Le titre résonne alors comme ce qui insiste à travers la cacophonie : le gentil badinage estival est en fait une comédie sur le travail, le sérieux, la vocation, la fidélité à soi-même, qui trouvent dans ce classicisme la forme la plus apte à les recevoir. C'est en s'avançant masqué, en se faisant prendre pour ce qu'il n'est pas, que Julie est amoureuse finit de réconcilier les opposés : il n'y a pas plus sérieux que la comédie, pas plus exigeant que l'amateurisme, le travail ne s'oppose pas à l'amour, il le comprend, peut-être même le dépasse, et si Julie est amoureuse, c'est de sa vocation."

      Murielle Joudet, 20/2/2014, Chronic'Art